En résumé
La gestion des eaux pluviales consiste à maîtriser les eaux de pluie dès leur chute sur un terrain ou une surface imperméabilisée, pour éviter qu’elles ne surchargent les réseaux d’assainissement, ne provoquent des inondations ou ne polluent les nappes phréatiques.
Face à l’urbanisation croissante et aux épisodes pluvieux de plus en plus intenses, gérer ces eaux à la source est devenu une nécessité: et souvent une obligation réglementaire.
Les grandes familles de solutions : infiltration (noue, tranchée drainante, puits d’infiltration), retardement des écoulements (bassin de rétention, toiture végétalisée, revêtements perméables) et récupération (citerne de récupération d’eau de pluie).
Pourquoi gérer les eaux pluviales est devenu indispensable
L’imperméabilisation des sols : le problème à la racine
Chaque maison construite, chaque parking bitumé, chaque allée bétonnée réduit la capacité du sol à absorber la pluie. Un sol imperméable empêche l’eau de s’infiltrer, accélère les phénomènes de ruissellement et aggrave les risques d’inondation.
Résultat : lors d’un épisode pluvieux, l’eau s’écoule en surface à grande vitesse, sature les réseaux d’assainissement et déborde là où on ne l’attend pas.
Des risques bien réels : inondations, pollution, sécheresse
Les inondations par ruissellement sont la conséquence la plus visible. Mais il y en a d’autres, moins spectaculaires et tout aussi problématiques :
- La pollution des nappes phréatiques : les eaux de ruissellement entraînent avec elles huiles, métaux lourds et résidus de pesticides vers les cours d’eau et les nappes.
- L’érosion des sols : des écoulements non maîtrisés creusent, emportent la terre végétale et dégradent les terrains.
- Le tarissement des nappes : moins d’infiltration naturelle = moins de recharge des réserves souterraines, ce qui aggrave les épisodes de sécheresse.
Le changement climatique amplifie tout
Les épisodes de pluies intenses se multiplient. En Bretagne comme ailleurs, les orages violents succèdent aux longues périodes sèches. Les réseaux d’assainissement conçus il y a 30 ou 40 ans n’ont pas été dimensionnés pour absorber ces pics. La gestion des eaux pluviales à la source n’est plus une option : c’est une réponse concrète à cette réalité.
Un cadre réglementaire qui se renforce
La loi sur l’eau du 3 janvier 1992 a posé les premières bases : les communes doivent délimiter les zones nécessitant des mesures de maîtrise des écoulements et d’imperméabilisation.
Depuis janvier 2018, la compétence GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) est obligatoirement exercée par les intercommunalités à fiscalité propre: communautés de communes, d’agglomération, métropoles.
La compétence GEPU (Gestion des Eaux Pluviales Urbaines) est, quant à elle, obligatoire pour les métropoles et communautés urbaines ou d’agglomération. Elle couvre la collecte, le transport, le stockage et le traitement des eaux pluviales des aires urbaines.
En novembre 2022, un premier plan national d’actions pour une gestion durable des eaux pluviales (2022-2024) a été lancé, avec pour objectifs de mieux intégrer cette gestion dans les politiques d’aménagement, de réduire l’impact sur la qualité de l’eau et d’en faire une ressource face au changement climatique.
Au niveau local, le PLU (Plan Local d’Urbanisme) et le SDGEP (Schéma Directeur de Gestion des Eaux Pluviales) fixent les obligations spécifiques à chaque territoire. Dans de nombreuses communes du Morbihan, la gestion à la parcelle est déjà imposée pour toute nouvelle construction.
Les 3 grands principes de la gestion durable des eaux pluviales
L’infiltration à la source
L’eau de pluie est restituée au sol là où elle tombe. C’est le principe le plus vertueux : il recharge les nappes phréatiques, limite le ruissellement et réduit la charge sur les réseaux. Il suppose que le sol soit suffisamment perméable: un point à vérifier avant tout projet.
Le retardement des écoulements
Quand l’infiltration totale n’est pas possible, on stocke temporairement l’eau pour la restituer progressivement au réseau ou au milieu naturel. L’objectif : lisser les pics de débit lors des épisodes pluvieux intenses, pour éviter la saturation des réseaux d’assainissement.
La récupération et la réutilisation
L’eau de pluie collectée est stockée pour un usage ultérieur : arrosage, nettoyage, alimentation des chasses d’eau. Ce principe réduit la consommation d’eau potable et valorise une ressource gratuite souvent gaspillée.

Les meilleures solutions techniques pour gérer les eaux pluviales
La noue paysagère : l’alliée esthétique et fonctionnelle
La noue est une dépression topographique allongée, à pente douce, qui recueille les eaux de ruissellement. Elle les stocke temporairement, puis les laisse s’infiltrer progressivement dans le sol. Sa végétation: graminées, plantes hygrophiles, arbustes: en fait un véritable espace vert intégré au paysage.
Points forts :
- Esthétique et intégrable dans un jardin ou un espace public
- Favorise la biodiversité
- Coût modéré (60 à 100 € HT/ml pour une tranchée d’infiltration associée)
- Entretien limité à celui d’un espace vert classique
Idéal pour : particuliers avec terrain, lotissements, collectivités, zones d’activité.
La tranchée drainante : efficace en espace restreint
La tranchée drainante est une excavation linéaire (0,5 à 2 mètres de profondeur) remplie de granulats lavés: généralement de type 20/40: offrant environ 40 % de vide. L’ensemble est enveloppé dans un géotextile filtrant qui empêche le colmatage par les particules fines. Un tuyau perforé peut y être intégré pour améliorer la collecte.
Points forts :
- Discrète, entièrement enterrée
- Adaptée aux espaces contraints
- Double fonction : stockage et infiltration lente
- Matériaux naturels : 30 à 50 € HT/m³
Idéal pour : jardins de particuliers, allées, voiries légères, lotissements.
Le puits d’infiltration : pour les sols perméables
Le puits d’infiltration est un ouvrage vertical: généralement 1 à 3 mètres de diamètre: creusé jusqu’à une couche de sol perméable. Il stocke temporairement de grands volumes d’eaux pluviales avant de les restituer au sous-sol, contribuant directement à la recharge de la nappe phréatique.
Points forts :
- Emprise au sol minimale
- Très efficace sur sols perméables (sables, graves)
- Recharge directe de la nappe
Attention : une étude géotechnique préalable est indispensable. Le puits d’infiltration est contre-indiqué sur sols argileux, en présence de nappes hautes ou de terrains pollués.
Le bassin de rétention ou d’infiltration
Le bassin de rétention est la solution de référence pour les grands projets. Il stocke un volume important d’eau lors des épisodes pluvieux, puis la restitue progressivement au réseau ou au milieu naturel à débit régulé. Il peut être sec (vide en dehors des pluies) ou en eau permanente (bassin paysager).
Points forts :
- Grande capacité de stockage
- Régulation efficace des débits de pointe
- Intégration paysagère possible (bassin en eau, végétation)
- Coût de réalisation : 10 à 120 € HT/m³ selon le type
Idéal pour : collectivités, zones d’activité, lotissements, grandes surfaces imperméabilisées.
La toiture végétalisée ou stockante
La toiture végétalisée retient temporairement l’eau de pluie avant de la laisser transiter vers le réseau à débit régulé. Les matériaux stockants: substrat, graviers, terre végétale: absorbent une partie des précipitations et ralentissent les écoulements.
Bénéfices multiples :
- Réduction du ruissellement de 50 à 80 % selon l’épaisseur du substrat
- Isolation thermique améliorée
- Favorise la biodiversité en milieu urbain
- Durée de vie de la toiture prolongée
Idéal pour : bâtiments à toit-terrasse, immeubles, bâtiments publics.
Les revêtements perméables : parking drainant, dalles alvéolaires, pavés filtrants
Les revêtements perméables permettent à l’eau de s’infiltrer directement sur place, sans ruissellement. Plusieurs options existent :
- Dalles alvéolaires engazonnées : structure plastique remplie de terre et de gazon, idéale pour les parkings peu fréquentés
- Pavés filtrants : joints larges remplis de graviers drainants
- Enrobé poreux : asphalte à structure ouverte permettant l’infiltration directe
- Mélange terre-pierre drainant : surface engazonnée sur substrat drainant
Idéal pour : parkings, allées, cours, voiries légères.
La citerne de récupération d’eau de pluie
La citerne collecte les eaux de toiture pour les stocker et les réutiliser. Elle ne remplace pas une solution d’infiltration ou de rétention, mais elle complète utilement le dispositif en valorisant une ressource gratuite.
Usages possibles : arrosage du jardin, nettoyage des véhicules, alimentation des chasses d’eau (sous conditions réglementaires).
Coût : à partir de 500 € pour une cuve hors-sol de 1 000 L, jusqu’à plusieurs milliers d’euros pour une installation enterrée avec pompe et filtration.
Comment choisir la bonne solution selon votre situation ?
Le choix dépend de plusieurs facteurs : la perméabilité du sol, l’espace disponible, le type de projet (construction neuve, rénovation, aménagement extérieur) et le budget. Souvent, une solution mixte: infiltration + rétention: est la plus efficace.
| Solution | Adapté pour | Espace nécessaire | Coût indicatif | Avantages clés |
|---|---|---|---|---|
| Noue paysagère | Particuliers, collectivités | Moyen | Faible à moyen | Esthétique, écologique |
| Tranchée drainante | Particuliers, lotissements | Réduit | Moyen | Discrète, polyvalente |
| Puits d’infiltration | Particuliers (sols perméables) | Réduit | Moyen | Efficace, faible emprise |
| Bassin de rétention | Collectivités, grands projets | Grand | Élevé | Grande capacité |
| Toiture végétalisée | Bâtiments toit-terrasse | Surface toiture | Moyen à élevé | Multifonction |
| Revêtements perméables | Parkings, allées | Surface existante | Moyen | Esthétique, infiltration directe |
| Citerne récupération | Tous | Faible | Faible à moyen | Économies eau potable |
Bon à savoir : certaines communes du Morbihan imposent un débit de fuite maximal (souvent 1 à 5 L/s/ha) pour tout nouveau projet. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre intercommunalité avant de choisir votre solution.
Ce que dit la réglementation sur les eaux pluviales
La loi sur l’eau de 1992 : le socle
La loi sur l’eau du 3 janvier 1992 impose aux communes de délimiter, après enquête publique, les zones où des mesures doivent être prises pour maîtriser l’imperméabilisation et les écoulements des eaux pluviales. C’est le fondement juridique de toute la réglementation actuelle.
La GEMAPI depuis 2018
Depuis le 1er janvier 2018, la compétence GEMAPI est obligatoirement exercée par les EPCI à fiscalité propre (communautés de communes, d’agglomération, communautés urbaines, métropoles). Elle couvre l’aménagement des bassins hydrographiques, l’entretien des cours d’eau, la défense contre les inondations et la protection des zones humides.
Les actions visant à limiter les inondations liées au ruissellement peuvent être intégrées à cette compétence et financées par la taxe GEMAPI.
La GEPU : une compétence obligatoire pour les agglomérations
La GEPU (Gestion des Eaux Pluviales Urbaines) est une compétence obligatoire pour les métropoles et les communautés urbaines ou d’agglomération. Elle couvre la collecte, le transport, le stockage et le traitement des eaux pluviales des aires urbaines.
Les collectivités compétentes doivent élaborer un Schéma Directeur de Gestion des Eaux Pluviales (SDGEP) et définir un zonage pluvial annexé au PLU.
Le PLU : l’outil local incontournable
Le Plan Local d’Urbanisme peut imposer des obligations très concrètes aux constructeurs et aménageurs : limitation de l’imperméabilisation, obligation de gestion à la parcelle, débit de fuite maximal, volume de rétention minimal. Ces règles varient d’une commune à l’autre: vérifiez le PLU de votre commune avant tout projet.
Constructions neuves et permis de construire
Pour toute construction neuve ou extension significative, la gestion des eaux pluviales doit être intégrée dès la conception. Dans de nombreuses communes du Morbihan, le dossier de permis de construire doit inclure une note hydraulique précisant les solutions retenues pour gérer les eaux pluviales à la parcelle.
À retenir : celui qui génère des eaux de ruissellement supplémentaires du fait d’une nouvelle imperméabilisation est le premier à supporter les obligations de gestion de ces eaux. C’est un principe posé par le Code civil (articles 640 et 641) et renforcé par les réglementations locales.

Golfe TP, votre expert en gestion des eaux pluviales dans le Morbihan
Basée à Séné, près de Vannes, Golfe TP est une entreprise de travaux publics spécialisée en assainissement, aménagement et terrassement. Depuis plusieurs années, nous intervenons sur des chantiers de gestion des eaux pluviales pour des particuliers, des maîtres d’ouvrage et des collectivités dans tout le Morbihan et en Bretagne.
Nos prestations en gestion des eaux pluviales :
- Pose de canalisations et réseaux eaux pluviales séparatifs
- Installation de regards de visite et ouvrages de collecte
- Réalisation de bassins de rétention et d’infiltration
- Création de puisards et puits d’infiltration
- Aménagement de noues paysagères et tranchées drainantes
- Pose de revêtements perméables (dalles alvéolaires, pavés filtrants)
- Terrassement et préparation de terrain pour tous types d’ouvrages
Notre approche est simple : on étudie votre situation (nature du sol, contraintes réglementaires, espace disponible), on vous propose la solution la mieux adaptée, et on réalise les travaux dans les règles de l’art.
Zone d’intervention : Vannes, Séné, Auray, Lorient, Pontivy, et l’ensemble du Morbihan (56). Déplacements possibles dans tout le département et en Bretagne selon les projets.
Vous avez un projet de gestion des eaux pluviales ? Contactez-nous pour un devis gratuit.

FAQ - Gestion des eaux pluviale
La gestion des eaux pluviales désigne l’ensemble des techniques et aménagements permettant de maîtriser les eaux de pluie qui tombent sur un terrain ou une surface imperméabilisée. L’objectif est d’éviter qu’elles ne surchargent les réseaux d’assainissement, ne provoquent des inondations ou ne polluent le milieu naturel. On distingue trois grandes approches : l’infiltration à la source, le retardement des écoulements (stockage temporaire) et la récupération pour réutilisation.
Cela dépend de votre commune et de votre PLU. Dans de nombreuses communes du Morbihan, toute construction neuve ou extension générant une imperméabilisation supplémentaire doit être compensée par un dispositif de gestion des eaux pluviales à la parcelle. Renseignez-vous auprès du service urbanisme de votre mairie avant de déposer un permis de construire.
Il n’y a pas de solution universelle. Pour un jardin avec un sol perméable, la tranchée drainante ou le puits d’infiltration sont souvent les plus simples et les plus économiques. Si vous manquez d’espace, un puits d’infiltration est idéal. Si vous souhaitez valoriser l’espace, une noue paysagère est une excellente option. Une citerne de récupération peut compléter le dispositif pour réduire votre consommation d’eau potable.
Les prix varient beaucoup selon la solution et la surface à traiter. À titre indicatif : une tranchée drainante coûte entre 30 et 50 € HT/m³ en matériaux naturels, une noue paysagère entre 60 et 100 € HT/ml (tranchée d’infiltration associée), un puits d’infiltration entre 900 et 1 300 € fourniture et pose. Un bassin de rétention peut aller de 10 à 120 € HT/m³ selon le type. Ces fourchettes sont indicatives: le coût final dépend de la nature du sol, de l’accessibilité du chantier et des spécificités du projet.
Les eaux pluviales désignent les eaux issues des précipitations non infiltrées dans le sol, rejetées depuis le sol ou les surfaces extérieures des bâtiments vers les réseaux d’évacuation. Les eaux de ruissellement sont les eaux de précipitation qui s’écoulent en surface pour atteindre un collecteur ou un milieu récepteur aquatique. En pratique, les deux termes sont souvent utilisés de façon interchangeable, mais la distinction a une importance juridique pour déterminer quelle compétence (GEPU, GEMAPI, voirie) s’applique.
Oui, tout à fait. La récupération d’eau de pluie est autorisée et même encouragée pour des usages extérieurs (arrosage, nettoyage) et, sous conditions strictes, pour certains usages intérieurs (chasses d’eau, lave-linge). Une citerne enterrée ou hors-sol, raccordée aux gouttières, suffit pour les usages courants. Attention : l’eau de pluie récupérée ne peut pas être utilisée comme eau potable sans traitement spécifique.
Sources utiles
- Ministère de la Transition écologique: Portail assainissement collectif (eaux pluviales)
- Cerema: Ressources techniques sur la gestion des eaux pluviales
- Banque des Territoires: Plan national gestion durable eaux pluviales 2022-2024
- Agence de l’eau Loire-Bretagne
- Infociments: Gestion des eaux pluviales chez les particuliers



